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Voyage à vélo en famille : de Pékin à Strasbourg

Voyage à vélo en famille : Les conseils et les anecdotes de Séverine et Pascal

Aujourd’hui, on part à la rencontre de Séverine et Pascal, des explorateurs intrépides qui ont décidé de réaliser un voyage à vélo en famille, avec leurs deux petits bouts de chou à bord ! Ensemble, ils ont relevé un défi incroyable en parcourant à vélo la distance qui sépare Pékin de Strasbourg. Oui, tu as bien lu !

Nous sommes honorés d’avoir eu l’opportunité d’échanger lors d’un entretien. Dans cette retranscription, tu vas découvrir comment ils ont surmonté les doutes, les obstacles et les imprévus pour vivre une aventure extraordinaire.

Ils ont prouvé que voyager à vélo avec des enfants en bas âge est possible, voire même très enrichissant. Leurs souvenirs se sont tissés au fil des kilomètres, des rencontres et des découvertes.

Ce récit va te transporter dans un monde où l’impossible devient possible, où le bonheur se construit en famille. Prêt(e) ? Voici leur témoignage, bonne lecture !

Pouvez-vous vous présenter, vous et votre voyage ?

Moi c’est Séverine, on a décidé avec mon mari de partir pour un voyage à vélo en famille et on est parti en 2008.

À la base nous sommes restaurateurs, c’est un métier où on peut assez facilement prendre, enfin à l’époque en tout cas, des congés sabbatiques. Donc ça c’est vrai que ça nous a bien aidés.

Vous êtes partis avec vos deux enfants ?

Tout à fait. Alors au tout départ de notre projet, on avait fait un premier voyage à vélo ensemble, on venait de se connaître en 2002. On est parti en Birmanie et on a traversé à Birmanie à vélo pendant six semaines.

Après ce voyage, on est rentré un peu frustré parce que même si six semaines ça paraît long, pour nous ça nous a paru très très court.

C’est de là, de ce voyage en Birmanie, qu’est née d’idée de partir plus longtemps. On a fait un calcul assez rapide en se disant que si on souhaitait partir un an, ça voulait dire économiser pendant plus ou moins six ans.

À l’époque, on n’avait pas d’enfants et donc on a fixé notre date de départ en 2008 en se disant qu’il fallait qu’on économise environ six ans pour faire ce voyage-là.

Entre-temps on a eu un premier enfant, en 2004, tout le monde nous a dit “votre projet tombe à l’eau, vous n’allez pas le faire”. On leur a répondu que si, on allait prendre une carriole et emmener notre enfant.

En 2006, Liman, notre fils, a une petite sœur, Louna, donc là tout le monde nous a dit c’est sûr, alors là vous n’allez pas partir deux enfants, mission impossible ! On a dit : “bah si, on va acheter une carriole un peu plus grande et on mettra les deux enfants dedans”.

Donc on est bien partis en 2008 en février avec les deux enfants qui à l’époque avait 1 an et demi et 3 ans.

Génial ! C'était votre premier voyage à vélo en famille ?

En famille avec les enfants oui, après en couple on avait fait la Birmanie à vélo et moi j’avais fait auparavant quand j’étais plus jeune à 25 ans, j’ai fait le Mexique et le Guatemala à vélo.

Comment est née cette envie de voyage à vélo en famille ?

Le vélo est un moyen qui permet d’être vraiment en contact avec la population parce qu’on avance lentement, on peut s’arrêter quand on veut et on est un peu suivant les endroits où on va, mais un peu objet de curiosité.

Depuis que j’ai 20 ans, je me suis rendu compte que de voyager à vélo c’était vraiment un très bon moyen pour être proche des gens.

On a voulu continuer parce que souvent les gens se disent “j’ai des enfants, j’arrête de vivre, je fais plus ce que je faisais auparavant” et ça, c’est vraiment une idée totalement fausse et on lutte et on milite contre cette idée-là.

Au contraire voyagez quand vous avez des enfants, on l’aurait même fait avant si on avait su parce qu’en fait ça ouvre beaucoup plus de portes. Les gens sont curieux, vont vers les enfants et du coup on a vraiment eu beaucoup plus de contact avec la population locale grâce aux enfants, notamment en Chine.

En Chine, on a croisé d’autres voyageurs qui étaient en solitaire et quand on échangeait sur nos rencontres, nos échanges avec les gens, c’était vraiment incomparable. Eux n’avaient pas la même entrée en matière dans le quotidien des Chinois que nous, on a eu la chance de partager grâce aux enfants.

Donc je dirais que tout simplement : les enfants, c’est un super bon passeport pour le voyage.

Comment avez-vous su que c'était le bon moment pour partir ? Quel a été le déclic ?

Pour nous ça a été d’avoir assez d’argent pour pouvoir partir, donc c’est ça qui a fait qu’on est parti en 2008 pas un autre moment.

Après, au niveau du temps, on savait qu’on partait pour un an, on a regardé un petit peu les conditions climatiques, mais on savait que forcément on partait en février au début, qu’on allait avoir du froid.

On est arrivés à Pékin, on est allés vers le sud, donc on est allés chercher un peu de chaleur. Et forcément on savait qu’en arrivant en décembre en Alsace, il fait un petit peu frais, mais voilà, on s’adapte.

Comment votre entourage a réagi à l'annonce de votre voyage ?

C’était très partagé. La famille vraiment très proche et nos amis très proches savaient qu’on voulait faire ce voyage même avant d’avoir des enfants. Donc évidemment ils étaient anxieux mais en même temps heureux pour nous.

Et sinon on a eu quelques articles dans la presse avant de partir, et là on a eu des réactions vraiment très très très brutales de la part de gens, mais globalement les gens étaient heureux pour nous.

Mais il y a eu quelques cas effectivement de gens qui nous traitaient d’inconscients, qu’il fallait nous retirer la garde de nos enfants, les placer à la DDASS, il y a eu des lettres de menaces même, il y a eu quelques réactions effectivement très violentes.

On a même eu des lettres qui ont été déposées sur notre lieu de travail et heureusement on les a lues après, au retour, parce que c’était vraiment très très violent.

Oui j’imagine, ça aurait pu vous faire changer d'avis avant de partir ?

Non, ça ne nous aurait pas fait changer d’avis, par contre la violence et la haine de certaines personnes, c’est vrai que c’est assez terrible.

Combien de temps avez-vous mis à préparer ce voyage à vélo en famille ?

Dès qu’on est revenu de Birmanie, donc en 2002, on a su qu’on voulait partir. Après, l’idée de faire la Route de la Soie, c’est venu d’une manière un peu naturelle. Avec des discussions à gauche, à droite, on était attiré par la Chine, donc ça s’est fait un peu tout seul je dirais.

La dernière année, on va beaucoup lire, se renseigner, on allait vers une inconnue qui était la gestion des enfants, et on voulait avoir que ça à gérer. Donc on s’est vraiment préparé au niveau sportif. On s’est entraîné à faire énormément de vélo, à se muscler également pour ne pas avoir à gérer le côté sportif.

Comment avez-vous géré les préparatifs médicaux ?

J’ai fait un brevet de secouriste, basique, pour avoir les bonnes réactions s’il y avait quoi que ce soit. Après on a fait une trousse à pharmacie pour les enfants avec notre pédiatre, ça nous a beaucoup aidés. Notre pédiatre était d’accord pour nous donner son numéro de portable, donc on savait que s’il y avait vraiment quelque chose de très grave, on pouvait le joindre.

Tout le monde s’inquiétait pour les enfants. Et moi je leur disais qu’ils avaient tort, parce qu’en fait un enfant s’adapte totalement.

Globalement avec les enfants, on n’a eu aucun souci. Nous, on a été un petit peu plus malades qu’eux finalement. Et les enfants se sont très très bien adaptés. Après, dans tous ces endroits-là, il y a des médecins, il y a des hôpitaux, comme chez nous je dirais, donc ce n’est pas un problème.

Pouvez-vous décrire votre itinéraire ?

On est parti de Strasbourg, on a pris un avion jusqu’à Pékin. Une fois arrivé à Pékin, on est restés une toute petite semaine histoire de s’acclimater un petit peu. De là, on est descendu vers le sud, vers Shanghai.

L’idée, c’est que c’était assez plat et on allait vers le soleil. Donc, on voulait un peu se faire les jambes, surtout les cuisses, comme on tractait à peu près 100 kilos chacun, il fallait quand même être bien en forme.

Une fois qu’on était à Shanghai, on est remonté cette fois vers le nord, vers le nord-ouest, pour aller à Xi’an

À Xi’an, c’est là où il y a l’armée enterrée, que beaucoup de gens connaissent. Et ensuite de Xi’an, on a suivi la route de la Soie par le nord jusqu’à Kashgar, qui est vraiment un carrefour commercial énorme, qu’il était déjà à l’époque et qu’il est toujours aujourd’hui.

Au départ on devait faire 4 mois en Chine et finalement comme on a adoré la Chine on est resté 6 mois.

De Kashgar, on a passé le col du Torougard pour aller au Kirghizistan. De là, on a fait toutes les montagnes au Kirghizistan, c’était vraiment magnifique.

Ensuite, on est redescendus vers la plaine, jusqu’à Bishkek. D’ici, on a dû faire des demandes de passeport pour aller en Ouzbékistan. Là, on a eu quelques complications, donc on a décidé de prendre un avion de Bichkek, la capitale du Kirghizistan, pour aller jusqu’à Istanbul en Turquie.

On n’a pas fait comme c’était prévu au tout départ : l’Ouzbékistan, le Turkménistan et l’Iran. 

Arrivés à Istanbul, on est reparti vers l’est, vers Ankara. On est redescendu après vers le sud en Cappadoce pour remonter après faire vers Instanbul. D’Istanbul on est allé vers la Bulgarie, là on a longé plus ou moins la mer Noire en remontant jusqu’à Tulcea, en Roumanie, pour être à cette fois au Delta du Danube.

Là, il y a une eurovélo route, qui est l’eurovélo route numéro 6, qui longe plus ou moins le Danube jusqu’à sa source en Allemagne à Donaueschingen. Une fois qu’on est en Allemagne, on est plus qu’à quelques jours de coup de pédale de Strasbourg.

Voilà en gros le parcours, donc en Europe on a aussi traversé : la Roumanie, la Hongrie, l’Autriche, la Serbie.

Ça en fait des kilomètres !

Oui ! 11000 km !

Est-ce que vous avez pris vos visas à l’avance ?

Le seul visa qu’on ait pris à l’avance c’est le visa chinois, on avait droit à un visa de 3 mois qu’on devait le renouveler chaque mois mais globalement on n’a pas eu trop de souci pour le renouveler. Les visas en Chine, vous pouvez les renouveler dans les préfectures.

Une fois il y a une préfecture qui nous a refusés, on a pédalé quelques kilomètres en plus pour aller à une autre préfecture qui nous a dit oui.

On a juste galéré pour le visa ouzbek donc on a décidé de pas faire l’Ouzbékistan est allé directement en Turquie, où là il y avait pas besoin de visa.

Comment étaient la route et la circulation dans les différents pays que vous avez visités ?

En Chine globalement les routes sont en très bon état on n’a pas eu de souci. Il n’y avait pas trop de circulation, on roulait bien à l’époque. Je précise qu’on était en 2008, a priori depuis ça à pas mal changé.

Au Kirghizistan, les routes sont en très mauvais état en montagne, c’est là on a un peu galéré, il y a des endroits d’ailleurs où il n’y a même pas de route du tout. C’est vraiment de la caillasse, les routes sont très dangereuses en plaine. Il y a eu un moment où on a pris un bus parce que c’était vraiment super dangereux. Au Kirghizistan, ce sont des chauffards ! (rire).

Vraiment, il faut être très très prudent en plaine parce qu’ils boivent énormément, en tout cas en 2008 ça peut être changé d’ici là, mais il y avait beaucoup de gens un peu sou à vélo donc là c’est un peu compliqué !

En Turquie aucun problème c’était que du bonheur. Mais ça monte et ça descend tout le temps c’est super fatigant. Il n’y a pas trop de plats !

Comment était l'accueil des locaux sur la route lors de ce voyage en famille ?

On a vraiment eu que des très très bons accueils mais je le redis les enfants ils sont vraiment pour énormément. Quand les gens voient des enfants ils sont curieux, ils veulent jouer avec.

En plus, ils étaient petits donc à ce moment-là, l’enfant ne réfléchit pas, il est nature donc il va vers les gens. C’est clair que les nôtres n’étaient pas farouches du tout.

Donc l’accueil des locaux c’était juste franchement incroyable. On n’a jamais eu de souci, on n’a jamais été refoulés, refusés, au contraire, les gens se mettaient en 4 pour nous faire plaisir.

J’imagine que les gens doivent se sentir rassurés du fait qu'il y ait des enfants !

Oui, on en parlait avec mon mari juste avant.

Voyager un homme seul au Kirghistan, il y a souvent des problèmes, on peut facilement se faire agresser, chaparder. À un moment mon mari était un petit peu devant moi, j’étais derrière, il y a des hommes qui s’avancent un peu vers lui et puis mon mari ne se sentait pas en grande sécurité. Les messieurs qui étaient un peu en train de l’ennuyer dès qu’ils m’ont vu arriver avec les gamins, ont complètement changé de ton et ont été adorables.

Donc je dirais que les enfants là c’est vraiment une porte de tranquillité énorme.

Quel était votre rythme de voyage avec deux enfants en bas âge ?

Si on parle statistique, c’est comme si on avait pédalé un jour sur deux. Les jours où on pédalait, en moyenne, on faisait 70 km par jour.

On essayait toujours d’aller, au rythme de l’enfant. On ne pouvait pas les laisser passer 8h dans une carriole. On l’a fait juste une fois, parce qu’il y avait des circonstances compliquées. Mais sinon en gros c’était ça. La plus longue étape on a été de 140 km et la plus courte de 2 km.

Je dirais que le rythme d’un jour sur deux c’est pas mal avec des enfants en bas âge. Après notre but à nous c’était de visiter, d’aller au contact des gens, donc il y a des jours où on ne pédalait pas.

Comment vous organisez-vous pour les hébergements et la nourriture ?

En Chine au départ, on avait emporté tout ce qu’il fallait pour être totalement autonome. On avait une tente, les tapis de sol etc. En 2008 en Chine, une nuit dans un hôtel tout à fait correct ou en plus il y avait le wi-fi c’était 10 €, avec le petit-déjeuner ! Donc on n’a pas fait les difficiles, en plus on pouvait prendre une douche, après une journée de vélo c’est quand même agréable.

En Chine on a très très peu campé sauf dans la partie désertique parce qu’il n’y avait pas de logement donc on l’a on plantait la tente. En Europe, l’hébergement, c’est vraiment beaucoup plus cher donc on a fait énormément de camping sauvage, dormir chez l’habitant ou de temps en temps des chambres d’hôtes.

Au niveau de la nourriture en Chine pour manger sur un marché, c’est 2 € à 4. On se faisait très peu à manger. En Europe par contre, on achetait et on cuisinait. Les tarifs ne sont pas les mêmes.

Vous n’avez pas eu de problèmes avec la nourriture épicée en Asie ?

Mon mari allait en cuisine et ils montraient les piments, tout est cuisiné minute dans les endroits où on allait ce n’était pas de la cuisine d’assemblage comme on dit dans notre jargon de restaurateur. Donc il montrait les piments en disant “Non, non ! Pas de piment ! ”. Globalement ça allait on n’a pas eu de souci avec les piments.

Avez-vous dormi chez l'habitant ?

En Chine deux fois, mais c’était quand même assez rare. Je pense qu’ils ne sont pas très autorisés à nous accueillir chez eux. Ça s’est plus fait lorsque l’on n’avait pas trop d’endroits où dormir et c’était chez les jeunes, chez les étudiants qui avaient un peu la curiosité d’échanger. Mais en Chine chez l’habitant, à part ces deux fois non.

Par contre en Europe c’est plus beaucoup plus simple.

Au Kirghizistan, ils ont un système qui s’appelle le Community Best Tourism : en fait vous arrivez à l’espèce d’épicerie du village et là vous dites que vous souhaitez dormir chez l’habitant et on vous donne une liste de personnes qui accueillent et vous pouvez aller dormir chez les gens moyennant une somme assez dérisoire.

Mais ça restait un peu plus cher que la Chine, mais pour 7 €, vous dormiez chez l’habitant avec le repas du soir et le petit-déjeuner. C’était vraiment des repas hyper copieux.

C’était un super système parce qu’on est chez les gens et ils ont toujours des petits-enfants, donc les nôtres pouvaient jouer avec d’autres enfants. On a beaucoup aimé c’était génial.

Est-ce que vous avez rencontré des difficultés pendant ce voyage ?

On a eu deux soucis de santé. J’ai eu des problèmes dentaires en Chine, j’ai testé le dentiste chinois : je ne vous le recommande pas ! C’était assez compliqué à un moment j’ai décidé d’arrêter d’avoir mal. Quand je suis arrivé en France, j’ai perdu une dent.

On a également eu un petit problème de santé avec notre fils, mais on est allé à l’hôpital ça a été réglé très vite. On a donné les résultats des examens à notre pédiatre et il a dit que le traitement qu’on nous avait prescrit était bon.

Au niveau météo, on a eu une journée très difficile en Turquie, le seul jour où j’ai failli jeter le vélo définitivement, en disant j’en peux plus ! On a eu beaucoup de pluie, énormément de vent. On avançait à 6 ou 7 km/heure à vélo, c’était vraiment l’horreur mais à part ça, je dirais qu’on n’a pas eu de gros soucis pour ce voyage en famille.

On a été vigilants, très vigilants.

Quel budget pour ce voyage en famille ?

Alors dans le budget, pour moi il faut considérer deux budgets. Si on parle uniquement du budget voyage, on dépensait 25 € par jour, on est parti 303 jours ça vous fait le budget pour quasiment une année. Ce qui nous a coûté cher c’est l’avant voyage.

Si on part “tout nu” avec léquipement, les vélos, la carriole, les visas, les vaccins, le billet d’avion. Ça nous a coûté à peu près 12000 €. On a fait beaucoup de vaccins, le budget vaccin c’était 1500 € parce qu’il y a plein de vaccins qui ne sont pas remboursés.

Je dirais que tout compris c’est plus ou moins c’était un budget de 20000 €.

Avez-vous des astuces pour réduire le budget ?

Le logement et la nourriture. Vu notre budget on a plus payé des nuits d’hôtel en Chine. À la limite, si on campe, ça ne nous coûte rien. Donc c’est réduire le budget logement.

Au niveau de la nourriture je pense qu’on peut difficilement faire moins. Parce qu’en Chine, manger sur les marchés c’est presque le même prix que s’il fallait acheter.

Là où on a eu un gros budget comme dit précédemment ce sont les vaccins. On peut faire le choix de ne pas faire autant de vaccins pas remboursés. Par exemple, on avait fait le vaccin contre la rage c’est 3 injections, on est 4 donc ça fait 12 injections. À l’époque, c’était plus de 100 € l’injection. Donc c’est un budget ! On peut peut-être, choisir de ne pas le faire. Nous, on n’a pas voulu jouer avec le feu, on s’est fait vacciner.

On a vu pas mal de chiens enragés, on ne s’est pas fait mordre mais on n’a pas regretté de l’avoir fait.

Après on peut toujours faire moins, on peut dire qu’on ne prend pas l’avion, qu’on part de chez soi et qu’on fait l’aller-retour. Ça fait le prix du billet d’avion en moins. Il y a plein de petites astuces. Il y en a certains qui vont faire des petits boulots à gauche à droite pendant leur voyage.

Des solutions il y en a toujours, on peut toujours réduire.

Avec quels équipements êtes vous partis ?

Au niveau des vélos on a pris des VTT, parce qu’on voulait quelque chose de robuste on est parti avec des Lapierre.

Au niveau de la carriole des enfants, on a pris une Chariot. À l’époque c’est ce qui avait le mieux. Avec des suspensions ! Vraiment je recommande aux parents qui partent avec des petits de prendre le système de suspension pour le dos des enfants. Au niveau de la remorque pour nos affaires, on avait un Bob.

Pour les tenues : un cycliste pour les fesses. Il y en a qui prennent une selle en cuir et qui disent qu’à la longue ça va. On était quand même content d’avoir un cycliste. 

Un short : on a pris un short pantalon où on peut enlever les jambes, on n’avait pas de tenue de rechange pour le bas.

Deux t-shirts et puis trois paires de chaussettes trois culottes. En gros après les trois fameuses couches : une polaire, une veste de pluie et on avait une doudoune comme on est parti en hiver. Mais ça s’arrête là.

Dans le budget dont vous parlez auparavant, au niveau économie on a pris du Odlo et North Face qui sont des vêtements de bonne qualité. C’est clair que ça a un coût. Mais on les a toujours, c’est de bonne qualité donc ça ne s’use pas.

Pour les enfants, ça, c’était un gros souci parce qu’on avait qu’une tenue de rechange pour eux, sauf chaussette et culotte. On avait deux changes, donc trois culottes et trois paires de chaussettes.

Quand on est parti, Luna n’était pas propre, elle avait des couches. Quand elle a vu que son frère n’avait pas de couche, elle a voulu faire comme son frère. Elle a pris la couche elle l’a jeté et elle a dit “plus de couches”. Moi ma crainte c’était qu’il y ait des accidents dans la carriole.

Comme dit précédemment, on est parti en hiver, s’il y avait un accident dans la carriole son frère allait être mouillé aussi. Ça m’a beaucoup stressé cette histoire, toutes les 5 minutes je lui demandais si elle ne voulait pas faire pipi et on s’arrêtait.

Finalement elle a été propre, de jours comme de nuit, avec zéro accident ! Donc heureusement parce qu’on n’avait pas beaucoup de change.

Quel est votre meilleur souvenir de ce périple à vélo en famille ?

Pascal : La découverte de la Chine. Entre l’Est et l’Ouest, la Chine, c’est tellement différent.

On passe du côté Chine comme on l’imagine, chinois, classique, au milieu de la Chine, on commence à voir des écritures en arabe donc c’est écrit en deux langues et puis complètement l’Ouest, c’est écrit uniquement en arabe !

On est on s’est rendu compte que ça ressemblait beaucoup à la Turquie, l’ouest de la Chine. Tous les jours on avançait et tous les jours c’était différent donc ça nous a énormément plu.

 

Séverine : Pour moi le meilleur souvenir du voyage, c’est une année en famille. C’est d’être, pendant un an, avec ses enfants, quand ils sont petits et de les voir apprendre tellement tous les jours, de les voir évoluer.

Luna parlait à peine lorsqu’on est parti. On voyait vraiment la construction des phrases, son évolution. En tout premier, c’est ce que j’ai préféré c’est cette coupure familiale, tous ensemble, tous les quatre. J’ai adoré ça, c’était génial.

Et le pire ?

En Turquie, le jour où il a tellement plu, c’était difficile. On était épuisés, et on arrive à une espèce de station-service, on n’avait pas mangé.

Il y a l’espèce d’instinct animal qui revient on mangeait des petites tablettes de chocolat à même le sol, mais vraiment, limite comme des animaux, j’ai dit à mon mari “je n’avance plus, on dort dans la station-service, on fait ce que tu veux, mais je remonte pas sur le vélo”.

Mon mari a réussi à discuter pour essayer de nous trouver un endroit pour dormir, il pleuvait des cordes mais vraiment c’était des trombes d’eau. Et là, le monsieur de la station-service nous informe que quelqu’un va arriver. On voit un monsieur arriver en voiture avec un gyrophare, il nous fait signe de le suivre en montrant sur ses mains “10”. 

Moi je dis à mon mari, “mais je ne fais pas 10 km”, puis monsieur avait l’air assez sévère donc finalement j’ai écouté je l’ai suivi.

Puis en fait, c’était 10 minutes de vélo supplémentaires et on est arrivé dans un espèce de lieu magique, avec un monsieur qui parlait parfaitement français, qui nous a accueillis dans une chambre chauffée !

Finalement cette journée qui était au départ la pire, a fini en pur bonheur avec cette famille qui nous a accueillis les bras ouverts. Il n’y a pas de pire parce que quand il y a quelque chose de vraiment difficile, derrière il y a toujours quelque chose de très beau.

Si c’était à refaire, est-ce que vous changeriez quelque chose ?

Je ne crois pas. L’itinéraire était le bon, notre organisation était bonne, il ne nous est rien arrivé.

Quel serait le meilleur conseil pour les personnes qui voudraient voyager en famille, comme vous ?

Foncez ! N’écoutez pas les autres !

Quand on dit aux gens qu’on part avec des enfants, tout le monde va essayer de vous empêcher de partir. Nous, on a voulu vraiment être des catalyseurs envers les familles qui voulaient partir avec des enfants en bas âge.

En revenant de voyage on a beaucoup milité pour ça. On a fait partir une dizaine de familles qui était un peu sur le fil, en se disant “j’y vais je n’y vais pas” : allez-y foncez c’est que du bonheur ! Vraiment !

Le mot de la fin : que souhaitez vous dire aux familles qui hésitent à sauter le pas ?

N’attendez pas. Le temps passe trop vite, il faut faire les choses tout de suite, il ne faut pas attendre. C’est vraiment ce que j’ai préféré dans le voyage, c’est ce temps passé ensemble.

Pendant toute cette année-là on a vécu sans montre, on n’avait pas besoin d’avoir l’heure. Quand on est parti, tout le monde nous disait “vous allez prendre un téléphone ? ”. On leur répondait : surtout pas de téléphone ! On a passé un an sans téléphone et ça, c’est aussi la liberté !

Quand on est revenus en France, toute ma vie je me souviendrai, j’ai dit à mon fils “dépêche-toi tu vas être en retard”. Pendant un an, on a jamais eu à dire ça, on prenait les jours comme ils venaient, les heures comme elle venaient, les minutes comme elle venaient.

On n’avait pas de compte à rendre, et la vraie liberté finalement c’est ça ! C’est de faire les choses quand on veut, sans compte à rendre. De prendre le temps, de vivre avec le soleil qui se lève et se couche, ça suffit amplement.

 

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Tu peux aussi découvrir notre interview exclusive avec Arthur, qui a également entrepris un voyage à vélo le long de la Route de la Soie. Si tu souhaites en savoir plus sur cette incroyable aventure à vélo, rendez-vous sur notre article de blog dédié au voyage à vélo d’Arthur. Cliquez ici pour lire l’interview complète !

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juillet 13, 2023
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